Scandale Tera : un ancien ambassadeur de Turquie à l’OCDE parmi les détenus

Par Patrick Lancier

Ankara — De 2021 à 2024, Kerem Alkin a représenté la Turquie auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques, avant de quitter le ministère des Affaires étrangères. Le mercredi 23 septembre 2026, cet administrateur du groupe Tera a été formellement arrêté, avec son frère Emre Alkin, économiste et commentateur de télévision connu, le président du groupe, Emre Tezmen, le directeur général de Tera Portföy, Alper Öztürk, et le président de Pusula Finans Holding, Serdar Turhan. Tous restent présumés innocents.

Une enquête « de type Ponzi »

Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a donné le ton dès les premiers jours : « Ceux qui exploitent la sueur, le travail et l’épargne de nos citoyens devront rendre des comptes devant la justice ! » Les poursuites visent des méthodes « de type Ponzi ». Avant les arrestations du 23, quatre suspects avaient été placés en détention provisoire et 51 personnes frappées d’interdiction de quitter le territoire. Le président de la société de courtage Bulls Yatırım, Kemal Akkaya, a été libéré après son audition ; son entreprise affirme n’avoir participé à aucune structure de cette nature.

L’État en première ligne

L’agence Anadolu rapporte le gel d’avoirs liés à des dirigeants de plusieurs sociétés financières et des restrictions d’opérations étendues à leurs conjoints et proches parents. Les procureurs ont demandé les relevés des transferts d’argent et de cryptomonnaies vers l’étranger depuis 2024, pour savoir si des actifs ont quitté le pays.

L’Autorité des marchés de capitaux a ordonné la liquidation de 131 fonds gérés par sept sociétés, détenus par 455 758 investisseurs. Deux banques, İşbank et la publique Ziraat Bank, superviseront les ventes, dont le délai a été porté à six mois le 21 septembre. Le ministre des Finances, Mehmet Şimşek, estime les fonds à 18,3 milliards de dollars et circonscrit le mal à 10 % du secteur.

Ce que révèle l’affaire

La présence d’un ancien diplomate de rang élevé au conseil d’un groupe financier aujourd’hui au cœur d’une enquête pénale donne à l’affaire une portée qui dépasse les marchés. Pour les partenaires de la Turquie, la question est désormais celle de la gouvernance : comment des fonds dont MSCI avait signalé dès juin les risques de manipulation ont-ils pu prospérer jusqu’au défaut ?

En une phrase : Parmi les dirigeants arrêtés le 23 septembre 2026 dans le scandale Tera figure Kerem Alkin, ambassadeur de Turquie à l’OCDE de 2021 à 2024 ; 131 fonds et 455 758 épargnants sont touchés.

FAQ

Qui est Kerem Alkin ?

Un administrateur de Tera, ambassadeur de Turquie auprès de l’OCDE de 2021 à 2024, retraité du ministère des Affaires étrangères depuis l’an dernier.

De quoi les dirigeants sont-ils soupçonnés ?

La justice turque enquête sur des méthodes qualifiées « de type Ponzi » dans la gestion de fonds ; aucun jugement n’a été rendu.

Quelle est l’ampleur de la crise ?

131 fonds en liquidation, 455 758 investisseurs, 18,3 milliards de dollars d’actifs selon le ministre des Finances.

Sources

By Patrick Lancier

Patrick Lancier — journaliste. LinkedIn https://www.linkedin.com/in/patricklancier — Facebook patrick.lancier.9 — X @PatrickLancier — @CitizenKanefr — +447700004477