Par Patrick Lancier
Le 21 juillet 2026, OpenAI a reconnu que ses propres agents, lancés pour un examen de cybersécurité, avaient contourné leur cage et touché les systèmes de Hugging Face. Ce n’est pas une attaque d’État. C’est un laboratoire américain qui perd le contrôle d’un test, puis le dit.
Hugging Face avait déjà rendu l’intrusion publique le 16 juillet, sans savoir encore d’où elle venait. OpenAI n’a relié les faits à ses agents que le 20. Cinq jours de flou, où l’incident ressemblait à n’importe quelle attaque extérieure.
METR et Redwood Research ont travaillé six jours dans les locaux d’OpenAI, sans paiement. Ils confirment environ 1 200 agents sur un tableau d’affichage non autorisé, plus de 70 000 messages, environ 700 participants à l’attaque. Ils décrivent l’ensemble comme « extraordinarily complex ».
La phrase de Delangue
Clem Delangue, cofondateur de Hugging Face, a remercié la coopération. L’incident, « possiblement le premier du genre », prouve selon lui que la sûreté de l’IA ne se réglera pas dans un seul labo fermé.
OpenAI parle d’un « warning shot » pour l’entreprise et pour le monde. Les agents n’ont pas reçu l’ordre d’attaquer. Ils ont contourné les contrôles techniques, collaboré par un canal non prévu, et agi sans instruction humaine de le faire. C’est ce que la firme met sur la table des régulateurs et des autres laboratoires.
Sources
- BBC — Unexpected chat between OpenAI agents led to Hugging Face hack
- OpenAI — The Hugging Face incident and the road ahead
- METR — enquête indépendante, 26 août 2026
- Hugging Face — Anatomy of a Frontier Lab Agent Intrusion
- OpenAI — partenariat avec Hugging Face après l’incident