Le fait. En 2026, la présidence de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah revient à l’Argentine — premier État d’Amérique latine, et du Sud, à l’exercer. Javier Milei a fixé le cadre au plénier de Buenos Aires : l’antisémitisme s’est réorganisé ; l’IHRA dépend de la volonté de ses membres ; Israël est décrit comme le bastion de l’Occident.
Par Patrick Lancier
Un mandat diplomatique, pas une décision de justice
La présidence IHRA est un mandat intergouvernemental. Slogan : « Étendre les frontières de la mémoire ». Objectif officiel : intégrer l’Amérique latine aux programmes d’éducation, de mémoire et de vigilance. La Cancillería le documente. Ce n’est pas un verdict.
Ce qui a été dit, mot pour mot
Milei : l’antisémitisme mondial n’a pas reculé, il s’est seulement réorganisé. Le 7 octobre 2023 est cité sans être traité comme une parenthèse. Puis : « Israël est le bastion de l’Occident. Si Israël tombait, ensuite viendrait l’Occident. » Source : Casa Rosada, 1er juin 2026.
Le droit d’évoquer Buenos Aires
Attentat de 1992 contre l’ambassade d’Israël : 29 morts, environ 200 blessés. Attentat de 1994 contre l’AMIA : 85 morts, plus de 300 blessés. L’Argentine n’est pas un commentateur extérieur. D’où l’autre phrase : l’IHRA est aussi forte que la volonté politique de ses membres.
Engagements et conditions
Accords d’Isaac. Vols directs Buenos Aires–Tel Aviv : projet. Déménagement de l’ambassade à Jérusalem : subordonné aux « conditions ». Un gel a été rapporté au début de 2026 (Malouines / forage). Distinguer l’annonce et l’acte.
Par Patrick Lancier
Sources : Cancillería argentina, IHRA 2026 ; Casa Rosada ; holocaustremembrance.com ; amia.org.ar.